La valeur personnelle n’est pas la réponse que l’on donne à la question :
« À quel point suis-je performant ? »
La valeur personnelle est la réponse à la question :
« Qui suis-je et sur quoi repose ma valeur ? »
Et si ce sentiment a été brisé, il peut être reconstruit.
Car si ce sentiment a été appris par la suite, il peut aussi être réappris.
La première étape consiste à réaliser que l’on a cherché sa valeur aux mauvais endroits. L’être humain cherche souvent sa valeur dans l’approbation, l’appréciation ou l’amour des autres.
Quand il reçoit des compliments, il se sent bien ; quand ils ne viennent pas, il s’effondre.
Or, ce n’est pas une base solide.
Car la valeur que donnent les gens est changeante. Celui qui applaudit aujourd’hui peut ignorer demain.
La seule base solide est la valeur qu’Allah a accordée.
Le verset 70 de la sourate Al-Isra entre ici en jeu :
« Nous avons certes honoré les fils d’Adam. »
Cette phrase est l’énoncé le plus solide de la valeur intrinsèque de l’être humain.
La deuxième étape consiste à séparer la valeur de la performance.
Autrement dit, il faut apprendre ceci : « Ce que je fais ne me définit pas. »
L’être humain peut faire des erreurs, échouer, tomber.
Mais rien de cela ne détermine sa valeur.
Dans le Coran, l’être humain n’est pas un être effacé parce qu’il a péché.
Le fait que la porte du repentir reste ouverte montre que la valeur de l’homme continue malgré ses erreurs.
Allah ne dit pas : « Sois sans faute » ; Il dit : « Reviens. »
Et cela donne à l’être humain l’honneur de se relever.
La troisième étape consiste à prendre conscience de sa voix intérieure.
Parfois, la voix la plus cruelle, on la porte en soi.
Une voix qui critique sans cesse, qui rabaisse, qui dit : « Tu es insuffisant… »
Cette voix est souvent l’écho intérieur de paroles entendues dans le passé.
Construire sa valeur personnelle ne signifie pas faire taire cette voix, mais la remplacer par une voix plus juste et plus miséricordieuse.
Et cette voix devrait rappeler la manière dont Allah s’adresse à l’être humain.
La quatrième étape consiste à établir sa relation avec Allah non pas sur la peur, mais sur la valeur.
Certaines personnes retardent même leur rapprochement d’Allah en pensant : « Je n’en suis pas digne. »
Or, pour se rapprocher d’Allah, le serviteur n’a pas besoin d’être parfait.
Au contraire, pouvoir s’approcher avec ses manques fait partie de la miséricorde d’Allah.
Pour une personne qui se sent sans valeur, le simple fait de faire une invocation est déjà un pas vers la guérison.
La cinquième étape consiste à apprendre à poser des limites.
Une personne qui se sent sans valeur dit souvent « oui » à tout et à tout le monde.
Car elle pense que si elle refuse, elle ne sera plus aimée.
Or, savoir poser des limites, c’est pouvoir dire : « Moi aussi, j’existe. »
C’est la forme concrète de la valeur personnelle.
Même dans la vie du Prophète (paix et salut sur lui), nous voyons, aux côtés de la miséricorde, des limites claires.
Ce n’est pas de l’orgueil ; c’est la conscience de soi.
Enfin, il faut dire ceci : la valeur personnelle ne se construit pas en une nuit.
C’est un cheminement.
Parfois, l’être humain se sent fort ; parfois, il retombe.
Mais à chaque fois, se rappeler ceci est guérisseur :
J’apprends à me donner de la valeur parce que mon Seigneur m’a déjà donné de la valeur.